Quand l'argent tue...

Un différent pécunier peut s'avérer fatal. Jacques de Beaune, Baron de Semblançay, en sait quelques chose. Trésorier général d'Anne de Bretagne, il devient sous le règne de François 1er intendant général des finances.

Pendant les campagnes d'Italie, les troupes françaises enchaînent les déconvenues. François 1er apprend que ses soldats n'ont pas reçu leurs soldes et demande alors des comptes au baron. Ce dernier rétorque que les écus destinés à l'armée ont été récupérés par Louise de Savoie pour paiement d'une créance envers le trésor royal. Cette attaque n'est pas du tout du goût de la Reine-mère Louise qui exige en 1524 que l'on examine les comptes du trésorier.

Une commission passe au peigne fin les livres de compte et l'accuse de détournements. A l'issue d'un pseudo procès en 1525, Jacques de Beaune démonte une à une ces accusations et met à mal les témoins de la commission. Rien n'y fait, François 1er privilégie sa famille plutôt que l'honnêteté de son ministre, et quand le roi exige, le roi obtient. Le baron est reconnu coupable de malversation et doit payer plus de 900 000 livres d'indemnités. Il se retire dans ses terres du Val de Loire mais est arrêté lors d'un voyage en 1527 à Paris, puis interné à la Bastille. Il continuera de clamer son innocence du fond de sa geôle mais sera finalement pendu à Montfaucon en 1527. Dans les finances, bonne foi ne vaut pas bonne famille.

Montfaucon, sa campagne verdoyante, son calme, ... et son gîbet.

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