La chasse aux sorcières

la mise à mort des sorcières sur les bûchers n'est pas l'apanage du moyen-âge. Nombre de supposés serviteurs du malin ont succombé aux flammes purificatrices à la renaissance, et ce parfois à tour de bras dans certaines de nos contrées. Des courriers arrivent régulièrement dans les cabinets régionaux des conseillers au parlement. Les destinataires y découvrent des témoins de cérémonies de débauche, les sabbats, ou encore des délateurs soupçonnant leur voisin de pratique de rites sataniques. Les veuves deviennent folles lorsque point la nuit et vendent leurs âmes au diable. Des foyers conséquents de sorcières sont connus dans le pays basque, ou dans le Jura. Les juges qui président les procès pour sorcellerie ne manquent pas de coucher leurs opinions sur papier, ouvrages ainsi promis à un brillant avenir dans l'édition. Plusieurs "Best Sellers" font alors référence à l'époque : le Malleus Maleficarum, écrit en 1487 par deux dominicains allemands, le discours des sorciers, d'Henry Boguet, qui encourage l'étranglement des condamnés avant leur passage sur le bûcher, exception faite des Loups-garous, qu'il faut brûler vifs !

Les condamnations pleuvent, être soupçonné envoi bien souvent à une mort horrible : à Toulouse, 400 personnes périssent par les flammes, en Lorraine, en 30 ans, Nicolas Rémy prononce la sentence fatidique contre deux à trois mille accusés. Il ressort de ces audiences que 8 accusés sur 10 sont des femmes, ayant souvent des penchants lesbiens. Les Sabbats sont en fait des lieux de débauches sexuelles, ou les demoiselles s'abandonnent au péché de la chair, et les paysans aux joies de l'adultère et de l'inceste. De plus, ces cérémonies sont pour les sujets les moins riches des endroits propices à la contestation du pouvoir en place et à la révolte. Les inquisiteurs espèrent se montrer comme des serviteurs zélés des directives royales, en pourchassant sans relâche les païens et autres cabalistes.

Ainsi, plus de 50 000 personnes périrent par le feu à travers toute l'Europe, confondues pour avoir pactisé avec le meilleur ennemi de dieu. 

Goya, Le sabbat des sorcières 1798