Henri de Guise

Noble chevalier et fervent catholique, Henri de Guise va se faire une place dans les hautes sphères du royaume grâce à une ambition débordante et des appuis politiques et religieux de poids. Sa popularité et son intransigeance pendant les guerres de religions vont lui faire gravir tous les échelons. Mais on ne fait pas de l'ombre au roi de France impunément et cette gloire lui sera fatale.

Henri est le fils aîné de François de Guise et naît en 1549. Sa famille, très puissante, est également très impliquée dans la religion catholique. Cette orientation vaudra d'ailleurs à son père d'être assassiné en 1563 par un opposant protestant. Le jeune Henri embrasse d'abord une  carrière militaire et part se battre en Hongrie contre les turcs. Revenu dans l'hexagone, il devient le chef de famille et se range aux côtés du duc d'Anjou, le futur Henri III, pour venir à bout des réformés. Son voeu de s'unir avec Marguerite de France échoue et il se marie en 1570 avec Catherine de Clèves.

Sa position et ses actions font qu'il figure parmi les principaux suspects dans le meurtre de Gaspard de Coligny, chef de file des protestants, évènement à l'origine du massacre de la St Barthélémy. Cependant, toutes ces allégations ne pourront être prouvées. Il fait d'ailleurs partie des groupes armés chargés d'abattre les leaders huguenots la veille de la tuerie. A l'issue de ces persécutions, il est chargé par Charles IX de faire régner l'ordre public dans la capitale, mais se montre complaisant avec les pilleurs. Toutefois, il protège sa grand-mère protestante, Renée de France, et l'évacue de Paris.

En 1575, une blessure au visage survenue lors de la bataille de Dormans lui donne le surnom de balafré. Il prend alors la tête de la sainte ligue et continue son fanatisme envers les protestants : signatures de traités contre la reforme et batailles se succèdent de 1582 à 1587. Puis il revient à Paris malgré les réticences de Henri III. En effet ce dernier est de plus en plus méfiant vis à vis d'Henri de Guise, car le bruit court qu'il serai à la solde de Philippe II d'Espagne, et préparerai une attaque massive contre les protestants. Sa renommée et ses contacts de poids contraignent Henri III à le nommer lieutenant général des armées du royaume. Mais face à ce puissant rival et à ses protestations concernant les tentatives de conciliation entre la couronne et les réformés, le roi de France s'exile à Blois.

Les tensions entre les 2 hommes s'accroissent et atteignent leur point culminant aux états généraux de Blois le 2 octobre 1588 : le pouvoir de la sainte ligue devient omniprésent et certains verraient bien le duc de Guise remplacé ce roi trop complaisant avec les protestants.

S"en est trop pour Henri III qui prend une décision radicale : le 23 décembre, le souverain convoque le duc au château de Blois et le fait patienter dans ses appartements. Malheureusement pour le duc de Guise, c'est la garde personnelle du roi, les fameux "quarante-cinq", qui se présentent pour le tuer. L'homme, une force de la nature, se bat avec acharnement, mais succombe sous le nombre et l'épée. Venu constater la mort de son rival, Henri III s'exclame : "qu'il est grand ! Il est plus grand mort que vivant ! Son corps est brûlé et ses cendres dispersées dans la Loire. Le lendemain, le roi continue la purge et le cardinal de Lorraine Louis de Guise est exécuté à son tour.

Henri III vient constater le succès de son entreprise, ses

spadassins viennent d'abattre son rival le duc de Guise