Calvin

Jean Calvin va se retrouver porté par le courant humaniste de ce XVIe siècle, ce qui va l'amener à remettre en cause les fondements de l'église chrétienne, et devenir ainsi un des principaux fondateurs avec Luther du mouvement de la reforme protestante, initiatrice des guerres de religion en France. Son acharnement et ses théories lui vaudront d'être pourchassé, exilé même par ses propres ouailles, pour enfin devenir l'un des opposants religieux les plus en vue face à la papauté.

Il voit le jour en Picardie en 1509 au sein d'une famille croyante et ses proches voient sont avenir dans les ordres. Ses études l'envoient à Paris, ou il est en contact avec des idées nouvelles portées par le courant humaniste. Mais il n'entre pas encore dans son rôle de polémiste, et part en 1525 à Orléans pour apprendre le droit. On le retrouve ensuite à Bourges ou il côtoie à nouveau les pensées réformistes et lutheriennes.

En 1532, sa licence de droit obtenue, il revient à Paris et commence à diffuser les idées sur la reforme. Son influence grandissante auprès des étudiants de la capitale et ses théories lui attire les foudres des milieux conservateurs et catholiques. Toutefois, il se défini lui même comme un chrétien, mais remet vivement en cause les privilèges et certaines pratiques abusives de l'église. Recherché, il doit se résoudre à partir et on le retrouve en 1533 près d'Angoulême sous le nom de Charles d'Espeville, puis à Nérac sous la protection de Marguerite de Navarre.

Les persécutions contre les huguenots se multiplie en province et il entame alors une cavale dans les villes de France, et publie en 1536 l'institution de la religion chrétienne, recueil rassemblant ses théories et ses propositions sur la réforme du culte.

Son itinéraire l'amène à Genève, ville favorable aux protestants, et qui en 1536, interdit aux curés de dire des messes, puis jure fidélité au culte réformé. Calvin entre dans la cité après ces évènements, mais publie les confessions de la foi et tente de gérer les célébrations religieuses. Cependant, les autorités locales rechignent à approuver ses propositions. Sa trop grande rigueur et son zèle à rechercher et punir les infidèles ou les esprits mitigés attisent le mécontentement des dignitaires de la ville. Ces détracteurs reprochent par exemple qu'un étranger puissent chasser des genevois de leur commune. En conséquence, en mars 1538, le conseil général somme Calvin de ne plus s'occuper des affaires civiles, ce qu'il réfute. Cette opposition lui vaut d'être emprisonné puis banni de la ville un mois plus tard.

Il part à Strasbourg pour continuer à prêcher ses idées en tant que pasteur du culte réformé. Il y épouse la veuve d'un de ses ancien ami, idelette de Bure en 1540. Il auront 3 enfants avant que celle-ci ne succombe en 1549. De son côté, Genève peine à pérenniser l'instauration de la réforme et il revient en 1551, à la condition que l'église soit totalement libre vis à vis de l'état. Il met alors en avant ses théories : Dieu est symbole de toute puissante et perçoit chaque faute de l'humain, rejette les messes, et fait preuve d'un grand fanatisme, accusant certains opposants de sorcellerie. Sa pensée récurrente est la prédestination : dieu prédomine à la destinée des hommes, promettant les uns au salut, les autres à la déchéance. Le seigneur est tout-puissant et son fils Jésus est son intermédiaire principal, notre seul interlocuteur. Ainsi selon Calvin, l'église s'est fourvoyée au fil du temps dans le confort financier et la puissance politique, et en a oublier l'essence même de la foi.

Il continuera le mûrissement des ses idées et persévérera dans sa quête de reformer les institutions, jusqu'à son décès en 1564.