Ambroise Paré

Ambroise Paré est l'un des maîtres de la chirurgie du XVIe siècle. Se remettant sans cesse en questions, son expérience des champs de batailles lui permet d'être confronté aux pires souffrances. Il va se servir de ce vécu pour mettre en oeuvre de nouvelles techniques opératoires, inventer divers instruments et prothèses, et de part sa persévérance rendre la médecine plus humaine.

Issu d'une famille agricole, Ambroise voit le jour en 1510. Pour pouvoir payer son éducation, il sert comme domestique auprès de son professeur, puis entre comme marmiton chez le comte de Laval. Le barbier du comte remarque ses capacités et le prend sous son aile. Il part ensuite à Angers comme aide-soignant d'un autre barbier, puis chez son frère Louis, également chirurgien-barbier.

En 1529, il entre à l'hôtel dieu en tant que compagnon chirurgien et pendant 3 ans parfait sa technique et son savoir. Il se met alors au service de René de Montjean, colonel général d'infanterie et devient maître chirurgien-barbier en 1536. Il connaît ses premiers combats à la bataille du pas de Suse en 1537 et essaye de diminuer la douleur des soldats lors de ses interventions chirurgicales. A la mort du colonel, il revient à Paris et épouse Jeanne Mazelin en 1541.

A partir de 1545, il écrit divers ouvrages sur la médecine et l'anatomie. Ses talents arrivent aux oreilles royales et il entre au service d'Henri II. Après avoir brillamment soigné le duc de Guise, il est nommé premier chirurgien du roi. En 1554, il continue son ascension et devient docteur en chirurgie. En 1559, Henri II est grièvement blessé à l'oeil lors d'une joute, il tente alors diverses expériences sur des condamnés à mort, mais sans succès, le roi succombe. Il travaille ensuite pour le roi Charles IX et ne manque pas d'ouvrages à cause des guerres de religion. S'attachant au bien-être de ses patients, il préfère ligaturer les plaies plutôt que de les cautériser au fer rouge. Bien qu'adepte du culte réformé, il est protégé par les Guise lors de la St Barthélémy en 1572 et devient veuf l'année suivante. En 1574, il se marie avec Jacqueline Rousselet et entre au service d'Henri III. Il continue ses publications en français, ne parlant ni grec ni latin, les langues savantes, puis s'éteint à Paris en 1590.

Ambroise Paré fut un précurseur dans la chirurgie, privilégiant la ligature des plaies aux cautérisations faites au fer rouge ou à l'huile bouillante. Il élabora également divers prothèses et outils chirurgicaux. Mais son véritable mérite fut de rendre accessible la médecine, en publiant ses ouvrages en français et en se montrant si exigeant avec lui-même.