Villandry

Construction typique de la renaissance, le château de villandry doit partager sa postérité avec les célèbres jardins qui l'entourent. Ces espaces, entre inspiration italienne et résurgence monastique, donnent au domaine une diabolique beauté, ou quand les fleurs et légumes rivalisent avec l'ardoise et le marbre.

Villandry entouré de ses douves

( photo : Manfred Heyde )

Oeuvre de Jean Le Breton, secrétaire des finances de François 1er, l'édifice remplace comme souvent une ancienne forteresse médiévale. Il constitue l'une des dernières grandes demeures construite à la renaissance dans le val de Loire, puisqu'il est bâti entre 1532 et 1540. Son ordonnancement reprend les standards architecturaux de l'époque : le logis principal se trouve en retrait, derrière une grande cour, et entouré de 2 ailes de longueurs différentes.

A l'origine, une quatrième partie fermait l'ensemble mais cette dernière fut détruite au XVIIIe siècle. Les lieux restent dans la famille de Le Breton jusqu'en 1754, pour être ensuite acquis par Michel-Ange de la Castellane, ambassadeur du roi. Le nouveau propriétaire trouve l'aspect du château dépassé et entreprend de nombreuses modifications pour lui adjoindre une apparence plus classique et un intérieur plus confortable.

Puis au XIXe siècle, le jardin existant fut remplacé par un parc à l'anglaise autour du bâtiment.

En 1906, Villandry est racheté par le docteur Carvallo, d'origine espagnole. Il se consacre corps et âme à son bijou, redonne au château son aspect renaissance et reconstitue surtout les jardins qui avaient disparu. De  la terre sortent des potagers, des haies d'ornement et diverses fontaines. Cependant, aucun support ne permet de visualiser ce qu'étaient les jardins au XVIe siècle. Carvallo va donc s'appuyer sur 2 livres sur l'art de cette période : le Monasticon Gallicanum paru en 1694, et Les plus excellents bâtiments de France de Jacques Androuet du Cerceau. Aujourd'hui, ces espaces verts s'étalent sur 7 hectares et trois niveaux. Au centre trône le potager, entouré à l'ouest par les jardins d'ornement faits de fleurs, de buis et d'ifs, et à l'est par le jardin simple. Au sud repose le jardin d'eau. Chaque année, les jardiniers plantent et rafraîchissent en permanence, car cette fresque demande un travail de tous les instants. En effet, pour le seul potager, 120 000 légumes et 15 000 fleurs participent à l'harmonie de l'ensemble. 

Dans une des ailes du château a prit place une galerie d'art agrémentée de sculptures et de tableaux de peintres espagnols. Les descendants du médecin perpétuent cet héritage, et accueillent le visiteur avec enthousiasme et chaleur.

Quand la nature devient un magnifique tableau

( photo : LPLT )