Chambord

A 14 km à l'est de Blois, Chambord est sans conteste le joyau de la renaissance française. Vitrine du faste et de la richesse française de l'époque, le site est victime de sa démesure, inhabitable et inhabité.  Cet ancien rendez-vous de chasse se veut à l'image de son créateur François 1er : imposant, raffiné, voir lumineux. Et entre ses murs, on ne peut être saisi que d'admiration et de respect : 440 pièces, 365 cheminées, 84 escaliers, une propriété de plus de 5 400 hectares entourée de 33 km de murs d'enceinte ce qui en fait le parc forestier clos le plus grand d'Europe.

Chambord, le faste et la démesure de François 1er

( photo : Patrick Giraud )

 

 

  A l'origine domaine de chasse de comtes de Blois, la famille d'Orléans en fait l'acquisition en 1392, puis il devient domaine royal lorsque Louis XII monte sur le trône en 1498. En 1519, François 1er, ébloui par les demeures fastueuses italiennes qu'il à contemplé lors de ces campagnes sur la péninsule, entreprend d'édifier un somptueux palais sur le territoire de Chambord. Fruit de son amour pour la chasse et l'architecture, le monarque souhaite une vaste demeure centrale, divisée en 4 cantons d'appartements agrémentés de 4 tours d'angles. Il se dit que certains des plans de l'édifice ont été esquissés par la main de Léonard de Vinci, notamment l'escalier à double révolution. Mais de 1524 à 1526, le chantier est suspendu à cause des guerres contre Charles Quint et de la captivité de François 1er à Madrid.

L'escalier à double révolution, propice aux intrigues, 

permet à 2 personnes de l'emprunter sans se croiser

Ce dernier rentre en France, s'arrête à Chambord et constate que les travaux piétinent et les responsables en font les frais. Il engouffre une partie non négligeable des ressources du royaume et continue ses aménagements jusqu'a sa mort en 1547. En y regardant de plus près, François 1er n'a occupé que peu de temps son écrin, le temps de pouvoir impressionner son rival Charles Quint ou assouvir sa passion de la vénerie. Pendant un siècle, Chambord va tomber dans l'oubli et accumuler la poussière.

Puis à partir de 1634, Gaston d'Orléans, le frère de Louis XIII, prend possession du domaine et entreprend de restaurer le site, menacé par les marécages et la ruine. Louis XIV y fait ensuite son entrée et apprécie les plaisirs de la chasse et de la campagne. Molière et Lulli se permettent quelques représentations pour le souverain puis l'architecte Mansart est chargé de quelques changements et restaurations : la rivière Le Cosson est canalisée, des jardins apparaissent, et les pièces intérieures sont remaniées.

Chambord et la Loire ( reportage diffusé sur France 3 centre )

De 1725 à 1733, le domaine accueille le beau-père de Louis XV, Stanislas Leszczynski, qui ne le trouve pas à son goût. Puis de 1745 à 1750, le Maréchal de Saxe y séjourne à son tour, et l'édifice sert de caserne à son régiment.

Avec les troubles de la révolution, le mobilier, symbole de la royauté, est mit en vente et les appartements et la toiture sont pillés. Par la suite, Napoléon 1er en fait don au Maréchal de Berthier en 1806. Celui-ci disparaît et Chambord est racheté par le biais d'une souscription nationale et devient la propriété d'Henri de Bourbon. Mais la nationalité autrichienne de ses héritiers vaut au domaine d'être réquisitionné pendant la première guerre mondiale.

Finalement Chambord est racheté par l'état en 1932. Il servira d'ailleurs de refuge à de nombreuses oeuvres du musée du Louvre pendant la guerre de 39-45.

Classé monument historique depuis 1840, le site vaut aussi le détour grâce à son patrimoine animalier, ou les cerfs, sangliers et autres gibiers font aussi la richesse du parc boisé et le bonheur des amateurs de la faune et de la flore.

Le Cosson a été canalisé et permet aux visiteurs de découvrir le patrimoine en barque

( photo : Raph )