Blois

Le château de Blois, dans le Loir et Cher, connu son âge d'or à la renaissance, lorsque les différents souverains du royaume de France se succédèrent dans ses murs. Érigé sur les hauteurs du centre-ville, l'édifice déploie ses charmes et sa composition s'échelonne du moyen-âge à la période classique. Son histoire fut mouvementée : courtisé au XVIe siècle, lieu d'exil au XVIIe, il est ensuite laissé à l'abandon et frise la démolition au XVIIIe siècle. L'armée va le sauver mais également l'endommager, pour enfin devenir après d'importants travaux un ensemble de musées tous plus plaisants les uns que les autres. Une nouvelle vie appréciable pour ce château prodigue promis ensuite à une disparition aussi cruelle que rapide.

Le château vu par la façade des loges

( photo : Patrick Giraud )

D'abord propriété des comtes de Blois du Xe au XIIIe siècle, le château passe ensuite entre les mains des seigneurs de Chatillon sur seine. Puis à daté de 1397, le domaine passe sous le joug des ducs d'Orléans, par l'intermédiaire de Louis d'Orléans, frère de Charles VI. Jeanne d'Arc s'y fait bénir avant son départ pour le siège d'Orléans en 1429, puis Charles d'Orléans, amateur des arts et lettres, en fait un espace de culture. La guerre de cent ans terminée, il fait également disparaître quelques parties féodales pour le rendre plus habitable.

En 1498, Louis d'Orléans devient le roi de France Louis XII et fait de sa ville natale Blois la demeure privilégiée de la cour qui devient le centre politique du royaume. Sous son égide et celle de sa femme Anne de Bretagne, le bâtiment est encore remanié et son style s'inspire du gothique en vogue en ce début de XVIe siècle, puis met en chantier la chapelle St Calais jusqu'en 1508. En 1514, Anne de Bretagne s'éteint au château, suivi l'année suivante par Louis XII.

Statue équestre de Louis XII

( photo : christophe Finot )

Époux de sa fille Claude, François 1er, est alors sacré en 1515. Ce dernier restaure l'aile nord, remeuble le château, y adjoint une nouvelle aile avec son escalier monumental et ouvert, et amasse une grande quantité d'ouvrages. Mais cette bibliothèque, à la mort de Claude de France en 1524, va partir pour le site de Fontainebleau. Toutefois, Blois conserve son importance royale puisque la descendance de François 1er et Claude reçoit son éducation au château. La bâtisse continue de recevoir des hôtes de marque comme Charles Quint ou Ronsard et les fêtes battent leur plein dans la résidence. Les monarques se succèdent sur le trône : Henri II, François II, Charles IX, Henri III qui y convoque les États généraux en 1576 et 1588. Blois est également le théâtre cette même année de l'assassinat dans les appartements du roi du duc de Guise, rival du souverain, et du décès de Catherine de Médicis, "la faiseuse de rois", en 1589.

L'aile François 1er et son escalier d'inspiration italienne

( photo : Christophe Finot )

 Henri IV accède au pouvoir et effectue divers travaux dont la mise en place d'une grande galerie, qui s'effondre en 1756. Le roi est abattu en 1610, et en 1617 sa veuve, Marie de Médicis, s'exile à Blois sous la contrainte de son fils, Louis XIII, avant de s'en échapper en 1619. Ensuite Louis XIII cède le conté de Blois à son frère Gaston d'Orléans, qui fait de la région blésoise un espace artistique et économique de premier ordre. Et c'est sous son contrôle qu'en 1634, Mansart commence l'édification d'une aile, mais le chantier s'interrompt, faute de finances. Les travaux restent alors inachevés et Gaston meurt en 1660. Il lègue le domaine de Blois à son neveu, Louis XIV, qui ne vient que trop peu séjourner en ces terres. Le château tombe alors dans l'oubli.

La chambre des secrets, selon la légende, Catherine de Médicis y cachait ses poisons.

( photo : Stevage )

Au XVIIIe siècle, la demeure est découpée en petits appartements destinés à accueillir les officiers de la couronne et les nobles. Puis en 1788, Louis XI décide d'alléger les charges du royaume en vendant quelques résidences royales dont Blois. Mais personne ne se porte acquéreur et le château échappe à la démolition en abritant des troupes de l'armée française. Cette occupation militaire entraîne alors de nombreux dégâts. Des cheminées, les travées des galeries sont dégradées pour améliorer le bien-être des soldats. Napoléon 1er donne le château en 1810 à la ville qui perpétue son rôle de caserne avec les ravages que cela sous entend, mais au moins le château ne disparaît pas.

Sous l'impulsion d'écrivains comme Prosper Mérimée, l'édifice est classé monument historique en 1842, et sa restauration confiée à l'architecte Félix Durban, qui entreprend de lui redonner son aspect du XVe siècle. Grâce à cette seconde jeunesse donnée en cette fin de XIXe siècle, le bâtiment se transforme en musée. L'espace dédié aux beaux-arts s'installe dans l'aile Louis XII, tandis que des sculptures se posent dans les anciennes cuisines.

Aujourd'hui, on peut visiter ces musées, mais aussi la tour du Foix, vestige médiéval, la chapelle St Calais, et le fameux cabinet de la reine Catherine de Médicis ou se cachent ses placards secrets, et peut être d'autres encore non découverts ...

Le musée des beaux-arts

( photo : MFSG )

 

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