Amboise

Le château d'Amboise se dresse fièrement sur les hauteurs de la commune et semble toujours monter la garde et attendre le retour de la royauté qu'il a jadis abrité. Mais sa stature actuelle ne représente qu'un quart de la superficie qui était la sienne au XVIe siècle. Devenu prison puis défiguré et sacrifié sur l'autel des finances, l'endroit conserve un attrait certain avec ses ailes Charles VIII et Louis XII-François 1er, ou sa chapelle St Hubert, dernière demeure de Léonard de Vinci.

 

Le château d'Amboise domine les habitations et la Loire

Fief de la communauté des Turones, peuple celte qui donna son nom à la Touraine, des fortifications s'élevèrent dès l'origine sur ce rocher à l'aplomb de la Loire.

Propriété des seigneurs du comté, l'édifice leur est confisqué lorsque Louis d'Amboise est confondu dans un complot contre un favori du roi de France, Charles VII. La demeure est alors prise par la couronne et devient un acquis du royaume en 1434. Charles VIII y reçoit son éducation et entreprend d'importants travaux : la chapelle St-Hubert et une aile voient le jour, de même qu'un jardin apparaît sur la terrasse.

La chapelle, bâtie en lieu et place d'un ancien oratoire,  est de style gothique flamboyant et dédiée au saint patron des chasseurs. Conçue pour l'usage exclusif des résidants royaux, l'endroit doit aujourd'hui sa notoriété au fait qu'il abrite la sépulture de Léonard de Vinci, selon les dernières volontés de ce dernier.

Amboise, ultime halte du maître italien

Ébloui par l'architecture italienne lors de ces campagnes militaires, le roi reporte cette inspiration sur les modifications qu'il effectue. Son successeur Louis XII édifie une autre aile perpendiculaire. On peut alors remarquer l'évolution architecturale entre le style gothique de l'aile Charles VIII et l'inspiration renaissance de son successeur.

En 1515, Amboise ne peut supporter la comparaison avec les châteaux de Blois et Chambord et est mit de côté par la cour. Cependant les aménagements se poursuivent avec de nouveaux chantiers dans l'aile Louis XII. Le site reçoit la visite de Léonard de Vinci, grand ami du roi, qui va s'installer à proximité au Clos Lucé jusqu'à sa mort en 1519. 

Devenu roi en 1547, Henri II continue les travaux mais les visites royales, déjà peu nombreuses, se font alors très rares. Sous Louis XIII, Amboise prend alors la vocation de prison dorée, César de Vendôme y est retenu pour avoir conspiré, puis Louis XIV y envoie Fouquet.

Au XVIIIe siècle, la propriété passe entre les mains du duc de Choiseul puis du duc de Penthièvres, avant que la révolution ne passe par là et qu'il devienne patrimoine de la nation. Malheureusement sous la gouvernance de Napoléon, le château est donné à Roger Ducos, qui, faute de moyens pour l'entretenir, démoli une grande partie des bâtiments en place de 1806 à 1810. 

Reçu en héritage par Louis Philippe, la demeure est encore confisquée lors de la seconde révolution de 1848. Puis à la fin du XIXe siècle, la résidence revient dans la famille d'Orléans, qui en fait un lieu de repos pour le troisième âge. Restauré au début du siècle dernier par la famille Ruprich-Robert, le château est maintenant géré par la fondation St Louis.

On accède au logis du Château par une large rampe autrefois empruntée par les gardes à pied et ainsi découvrir les jardins et une magnifique vue de la cité tourangelle. La visite du château commence par un retour au XVe siècle : en guise d'amuses-bouche, les salles et le promenoir des gardes, ouvert sur la Loire. Puis en entrée la salle des tambourineurs, sympathique évocation des moeurs festifs de la cour à l'époque des rois Valois, parée de somptueuses tapisseries des Flandres. Puis on emprunte la salle du conseil, ou le roi s'assurait la fidélité des dignitaires du royaume. Deux tableaux ornent cette pièce, l'un représentant Louis XIII, l'autre Henri IV. Cependant aucun de ces 2 souverains n'a pris ses quartiers à Amboise. La salle de l'échanson évoque les plaisirs de la table et de la boisson. En effet, l'échanson avait un rôle prépondérant lors des repas puisqu'il devait veiller à ce que les verres du roi et de ses invités soient toujours pleins ! Ainsi, les tréteaux médiévaux laissent la place à la table et la fourchette fait son apparition sous le règne d'Henri III. Vous pouvez suivre les pas royaux en entrant dans la chambre d'Henri II et son imposant lit de 1m80 de large et 2m10 de long ....

 La suite de la visite est consacrée aux appartements de Louis-Philippe, couronné en 1830, ou l'on retrouve un mobilier de style premier empire.

A gauche l'aile Charles VIII, ou vient se blottir à droite l'aile Louis XII-François 1er

A l'extérieur une toute petite partie du mur propice au jeu de paume, spectacle fatal à Charles VIII, subsiste devant le logis à gauche de la salle des gardes. Dans les jardins surmontant les toits de la ville, un buste de léonard de Vinci continue de veiller sur l'édifice. Pour l'anecdote, placé derrière un cèdre du Liban, un cimetière musulman regroupe 25 tombes. Louis-Philippe se lance dans la conquête de l'Algérie et se heurte à la résistance de l'émir Abd El Kader et de ses troupes. Les forces françaises sortent victorieuses de l'affrontement et l'émir est mis en résidence surveillée en 1848 à Amboise avec sa famille et sa suite, soit 80 personnes. 4 ans plus tard il est libéré mais plusieurs de ses proches et serviteurs n'ont pas survécu aux conditions climatiques de la région et sont inhumés sur place.

La cité et la vallée de la Loire, veillées par le chemin de ronde

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