L'architecture

Le XVe siècle voit la fin de la guerre de cent ans et amène son lot d'évolutions techniques et artistiques. Les châteaux forts et autres demeures féodales sont devenues dépassées par rapport aux armes nouvelles. Les propriétaires et les architectes adaptent leurs constructions aux changements des meurs et du mode de vie. Toutefois, entre 1450 et 1500, les demeures conservent l'aspect des anciennes constructions du moyen-âge, mais perdent peu à peu leur usage défensif et leur apparence imposante.

Plan du château de St Maur, réalisé par Philibert Delorme

Ainsi, divers ajouts et embellissements fleurissent sur les façades des bâtiments, et les pièces à vivre sont maintenant aménagées dans un besoin de confort et de bien-être. Les larges fenêtres remplacent les meurtrières, le logis s'agrandi et permet la multiplication des pièces. On assiste à une transformation de l'usage des châteaux, autrefois synonymes de puissance, pour devenir en cette fin du 15e siècle objet de plaisance. Les chemins de ronde sont encore présents et les murs toujours épais, mais à partir de 1450, de nombreuses et grandes ouvertures viennent s'incruster dans les parois. Ces forteresses défensives se muent alors en gîte dédié à la villégiature et au bon vivre.

Dans leur désir de confort résidentiel, les riches propriétaires entourent leurs demeures de jardins, et s'inspirent des créations présentes sur les cathédrales du gothique flamboyant pour décorer leurs lucarnes et leurs tourelles. Des galeries lumineuses commencent à s'inviter derrière les vestibules et les fenêtres s'alignent au garde à vous, ce qui traduit la poussée du style à l'italienne ( comme le château d'Amboise qui, sous Charles VIII, s'ouvre sur la Loire ).

Puis au 16e siècle, on assiste à la disparition totale de l'aspect défensif, pour une apologie du plaisir et de l'harmonie visuelle. Les châteaux quittent leurs hautes collines ou falaises pour venir émerger dans les plaines, souvent près d'un cours d'eau, ce qui ajoute à l'élégance des lieux. Des lucarnes agrémentées de motifs poussent sur les toits et prodiguent leur lumière dans les combles. L'escalier à rampes droites d'inspiration italienne fait son arrivée dans le Val de Loire, tandis que d'autres s'hérissent d'une multitude de cheminées, comme à Chambord.

Ce qui frappe le plus le visiteur, c'est la recherche de symétrie dans les créations de la renaissance française, les pavillons carrés se substituent aux tours médiévales. On assiste en fait au retour des colonnes et des compositions ou l'angle droit est roi, phénomène qui nous vient de l'architecture antique, et remis au goût du jour par les maîtres italiens.  Devant la bâtisse repose désormais une cour et un ou plusieurs jardins agrémentés et géométriques. La grande galerie, parfois à double étage comme à Chenonceau, poursuit son essor et serpente désormais dans nombre de nobles résidences.

Le Louvre, avec son aile réalisée par Pierre Lescot, témoin de la renaissance à la française

( photo : Beckstet )

 

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