Henri III

En devenant roi, ce jeune homme prometteur va connaître un baptême du feu difficile, car la France est tiraillée par les guerres de religions. Il devra faire face à la colère des protestants, et aux complots de la ligue dans son propre camp. Pas moins de 4 guerres de religions vont apparaître sous son règne, et il aura bien besoin du soutien de sa mère Catherine de Médicis. Après s'être réconcilié avec les réformés, il va employer des méthodes expéditives contre les ligueurs. Cette intransigeance va se découvrir fatale, puisqu'il sera assassiné par le moine Clément avant d'avoir pu restaurer la paix dans son royaume.

Fils d'Henri II, il voit le jour en 1551 à Fontainebleau sous le nom d'Alexandre-Edouard, et reçoit son éducation aux châteaux de Blois et d'Amboise. Fils préféré de Catherine de Médicis, elle lui inculque son amour des arts et des lettres. En 1566, il prend le nom de son père et devient duc d'Anjou. A 16 ans, il est nommé lieutenant général  et prend en charge les armées du royaume. Mais cette promotion était convoitée par le prince de Condé, leader protestant. Face à ce désaveu, ce dernier quitte la cour et reprend son combat contre les catholiques. Henri se fait alors une certaine renommée militaire grâce à ses succès à Moncontour et Jarnac. Cependant, ces faits d'armes font de l'ombre à la popularité de son frère le roi Charles IX et leur entente s'en ressent. Plus proche des Guise, Henri prône la rigueur vis à vis des réformés, et durant la St-Barthélémy, ses gardes ont pris une part active dans le massacre des chefs protestants. Puis en 1573, il est sacré grâce à sa mère roi de Pologne en tant qu'henryk Walezy, mais sans enthousiasme. Un an plus tard, Charles IX meurt. Henri, jugeant la cour de France plus à même de faire de lui un plus grand roi que la couronne polonaise, s'échappe du palais et rentre discrètement dans l'hexagone.

En 1574, il monte sur le trône sous le nom d'Henri III et épouse Louise de Lorraine. Les débuts de sa gouvernance  sont malmenés par les tensions religieuses et l'hostilité d'Henri de Navarre et François d'Alençon. Ceux-ci s'allient finalement aux protestants et quittent la cour. Les batailles font rage et le roi accumule les désillusions. Il doit signer l'édit de Beaulieu en 1576, écrit très favorable aux reformés, ce qui lui attire les foudres des ultra-catholiques. Face aux coûts engendrés par la lutte armée, Henri III réuni les états généraux à Blois et espère trouver un compromis, mais devant l'intransigeance de l'église, il reprend la guerre contre les protestants. Auparavant, les relations avec son frère Fançois d'Alençon se sont grandement améliorées et les 2 hommes font maintenant cause commune. Cette fois, Henri III prend sa revanche contre les huguenots et leurs fait signer la paix de Bergerac en 1577. Catherine de Médicis s'attache à faire respecter l'apaisement et la volonté du roi en province. Cependant en 1580, de nouvelle tensions éclatent brièvement entre les 2 cultes. Face à l'incapacité d'Henri III à résoudre le problème "protestant", un groupe de catholiques conservateurs mené par les Guise apparaît sous forme d'une ligue au sein même du pouvoir royal, et commence à se faire entendre.

En 1582, la France s'oppose à Philippe II d'Espagne et soutient Antoine, prétendant au trône du Portugal. La marine française est toutefois décimée à la bataille des Açores, tandis que François d'Anjou échoue dans son désir de régner sur les Pays-bas. Côté politique, Henri III aime avoir la main sur tout, ou du moins avoir des personnes de confiance autour de lui. Il nomme alors des hommes de la noblesse moyenne à des postes clés des affaires. Le roi aime également le faste et les tenues extravagantes. Les visages poudrés, les grandes collerettes et les boucles d'oreille font leurs apparition à la cour. Ces tenues quelques peu efféminées valent le surnom de mignons aux favoris du souverain. Pour leur travail, ses conseillers reçoivent des revenus conséquents, ce qui ne manque pas de faire grincer quelques dents. Ces faveurs et ses moeurs féminines vont être moqués par ses détracteurs, les réformés et les ligueurs, à tel point que l'on prête au roi des relations homosexuelles. Mais rien ne permet de corroborer de telles allégations, alors que l'on sait qu'outre sa femme, le roi s'adonnait aux plaisirs de la chair avec nombre de ses maîtresses.

le bal à la cour de France

Le grand péril d'Henri III concerne sa succession. En 1584, son frère décède sans descendance. Quand au couple royal, il n'a toujours pas d'enfants. Selon la loi salique, la couronne doit revenir à la famille des Bourbons, représentée par Henri de Navarre. Mais comme on l'a vu précédemment, celui-ci est protestant. Cette éventualité d'un roi protestant en cas de décès d'Henri III est impensable pour les Guise. Ils vont alors faire un accord secret avec la couronne espagnole pour qu'elle empêche Henri de Navarre d'accéder au pouvoir suprême, et d'y installer plutôt le cardinal de Bourbon, catholique.

Puis la ligue, menée par le duc Henri de Guise, force le roi à mettre en place le traité de Nemours, par lequel il doit pourchasser tous les protestants, dont Henri de Navarre. Une nouvelle guerre de religion démarre, et en 1587 à Contras, les catholiques sont défaits par les réformés. Face à ce nouvel échec et au désamour populaire que subi le roi, le duc de Guise prend une place politique  de plus en plus imposante et entre dans Paris sans l'aval d'Henri III. Pour empêcher la prise du pouvoir des ultra-conservateurs, il envoi les suisses et la garde française dans les rues de la capitale. Les parisiens se révoltent et c'est l'insurrection. Le 13 mai 1588 éclate la journée des barricades, le roi est contraint de fuir Paris et se réfugie à Chartres. Sa mère le prie de revenir mais il refuse et convoque les états généraux à Blois, après avoir congédié ses conseillers les plus fidèles. Mais Henri III fomente surtout sa vengeance : le 23 décembre, il convoque le duc de Guise dans ses appartements de Blois et le fait abattre par sa garde. Puis il fait arrêter les ligueurs et les membres de la maison des Guise.

 

En janvier 1589, Catherine de Médicis rend l'âme, et l'ombre du duc de Guise plane toujours. Son meurtre a provoqué un véritable tollé, les cités se soulèvent et réclament la tête du souverain. Face à cette fronde, Henri III est contraint de se rapprocher d'Henri de Navarre. L'armée royale se joint donc aux protestants pour combattre la ligue devenue trop gênante. Car cette dernière à pris possession de Paris et enregistre le soutient du roi d'Espagne Alexandre II. Le roi prépare le siège de la capitale à St Cloud mais n'assistera pas aux affrontements : le 1er aout 1589, il est mortellement poignardé par le moine Clément, membre de la sainte ligue. La dynastie des Valois s'éteint avec lui, Henri de Navarre est sacré roi de France, et devient Henri IV.

L'assassinat d'Henri III par le moine Clément