Henri II

Henri II voit le jour le 31 mars 1519 à St Germain en Laye. Il est le cadet de la famille  mais son grand frère François, héritier de la couronne, meurt en 1536. Il sera alors sacré à Reims en 1547 à la mort de son père François 1er  et choisi comme symbole le croissant de lune.

Il  est une des victimes du traité de Madrid, puisque pour libérer son père suite à la défaite de Pavie, il est fait prisonnier avec son grand frère en Espagne de 1526 à 1530. François 1er consent alors à verser une rançon conséquente pour les libérer mais Henri  conservera de cette captivité une peur panique des maladies. Et à la différence de son père, il se distingue par un visage impassible, au point qu’on se demande si certains l’ont déjà vu esquisser un sourire.

En 1533, son union est proclamée avec l’héritière des Médicis, Catherine. Mais cette dernière va souffrir à partir de 1536 de la présence de sa rivale, Diane de Poitiers, qui devient maîtresse officielle du dauphin. En effet, son frère meurt cette même année et Henri devient donc l’héritier du trône de France.

Il doit patienter  11 ans, puisque François 1er rend l’âme en 1547, et accède ainsi au pouvoir suprême à l’âge de 28 ans et devient Henri II. Toutefois, il se distingue de son prédécesseur en diminuant considérablement le faste et les places à la cour. Un vent d’austérité balai  Le Louvre et l’étiquette, à l’image du nouveau roi. Comme son père, Henri délègue peu lorsqu’il s’agit de diriger le pays et renouvelle grandement ses conseillers. Il se lance dans différentes réformes de l’administration : nomination de 4 secrétaires d’État chargés des finances, met en application en 1557 un nouveau système de poids et de mesure à Paris, et créé des tribunaux intermédiaires ( les présidiaux ) entre les parlements et les cours inférieures.

En 1548, il a un différent avec Edouard VI, roi d’Angleterre. Ce dernier souhaite épouser Marie Stuart, reine d’Ecosse. Mais elle refuse et profite de la Auld Alliance pour se réfugier en France. Puis à partir de 1550, l’armée française récupère les villes de Boulogne sur mer et Calais qui étaient jusqu’alors sous occupation anglaise.

Henri II doit aussi renflouer les caisses de l’État, laissées à mal par son père, pour pouvoir continuer les campagnes italiennes. En 1555 il met à contribution les banquiers de Lyon, place forte de la finance à l’époque. Mais du fait des orientations  politiques et des difficultés militaires du roi, c’est la banqueroute en 1558 et les États généraux doivent apporter leur contribution et éviter le désastre financier. Henri  s’en remet alors aux taxes, qui comme sous François 1er, augmentent fortement. La révolte gronde dans les campagnes et Bordeaux  se soulève. Le roi voit son autorité défiée et envoi un signal fort en direction des autres contestataires : la ville est privée des ses avantages, désarmée, 200 000 livres d’amende lui sont infligés et 140 personnes sont condamnées  à mort.

 Il met un point d’honneur à combattre comme son père les Habsbourg et se rapproche donc de l’empire Ottoman et plus étonnant, des princes protestants Allemands par le biais du traité de Chambord. Ses troupes occupent  les 3 évêchés de Toul, Metz et Verdun. Charles Quint mène le siège de cette dernière mais cela se solde par un échec.  Mais Henri II  subit une défaite  cuisante  en 1557 à la bataille de St-Quentin contre les espagnols du roi Philippe II, successeur de Charles Quint. Par la suite il met un terme définitif aux guerres d’Italie et à sa soif de conquêtes.

Concernant les arts et la culture, son règne suit les pas de son père, mais de façon moins extravagante. Les entrées du roi sont mises en scène de manière grandiose, il réaménage quelque peu Le Louvre, des écrivains comme de la Boétie et de Montaigne percent, la poésie accueille Ronsard et  du Bellay.

Pour ce qui est du nouveau monde, en 1555 Henri II s’attache à mettre en place des comptoirs de commerce sur les côtes brésiliennes, à fort Coligny. Mais la colonie doit faire face à des dissensions religieuses internes entre protestant et catholiques, et les portugais en bénéficient  pour détruire le fort Coligny en 1560. Cette aventure aura permis de faire découvrir le tabac brésilien à la cour de France. 

Le nouveau monde en 1555

Henri, catholique fervent, doit faire face au début de son règne  à une montée du protestantisme, et ce même au sein de sa cour. Cette constatation lui fait prendre des mesures  énergiques : la répression est féroce et les procès pour hérésie  contre les protestants  sont légion. En 1557, il échappe à un attentat perpétré par un dénommé Caboche, action qui sera attribuée aux protestants sans preuves probantes. Malgré ses efforts, le roi se résout  à voir le nombre de protestant augmenter dans son royaume, jusque dans la plus haute noblesse. La voix des récalcitrants à la politique royale commence à se faire entendre mais ils sont rapidement conduits dans les geôles de la Bastille. Il s’oppose ouvertement à la reforme qui prône la tolérance envers la religion protestante et  signe l’édit de Chateaubrillant qui condamne à mort toute personne pratiquant ce culte.

 

En 1559, Henri II va connaître une fin éprouvante et tragique aux fiançailles de sa fille aînée Elisabeth : à Paris lors d’un combat de joute contre le capitaine  de la garde écossaise Gabriel de Montgomery, le roi reçoit la lance de son adversaire dans l’œil. Malgré les efforts de ses médecins et notamment d’Ambroise Paré, il agonise une dizaine de jours  et s’éteint le 10 juillet. Son fils François II lui succède alors.

Moins extravagant que son père, il a néanmoins poursuivit son œuvre  tant sur le plan politique qu’artistique. Confronté à des problèmes de trésorerie, il vit le pouvoir des protestants grandir sans jamais vraiment pouvoir s’y opposé. Sa mort amène d’ailleurs les guerres de religion en France et son bilan est terni par la défaite de St Quentin. Mais dans ces moments troubles, son mérite a été de faire conserver à la France toute sa puissance, même s’il du renier certaines de ses convictions idéologiques.

Basilique St Denis : gisant d'Henri II

( photo : Axel Broke )