François 1er

François 1er est sans doute le roi le plus emblématique du 16e siècle français. Roi-guerrier, père de Chambord, c’était aussi un homme avide de culture toujours prêt à combler sa soif de découverte. Il succède au règne mémorable de Louis XII mais son dynamisme  lui permet de ne pas avoir à rougir de ce dernier, même si les finances royales vont en pâtir.

Le futur roi voit le jour en 1494 en Charente. Il ne connaîtra pas son père car se dernier décède alors qu’il  n’a que 2 ans. Sa mère, Louise de Savoie, l’élève donc seul au château d’Amboise

A 9 ans, François a un grave accident d’équitation. Sa mère, malade, ne lutte pour sa survie que pour voir son fils se rétablir et accomplir sa destinée royale. L’enfant se remet puis reçoit une éducation approfondie sur les arts et lettres au moment ou la culture italienne est en pleine essor. Ses précepteurs découvrent quelqu’un de curieux, courageux  et ouvert.   Louis XII, son beau-père après son mariage avec Claude, n’a pas enfanté d’héritier et compte donc sur lui pour lui succéder.

En 1515, Louis XII s’éteint, François accède donc au trône et fait une entrée triomphale dans Paris. La salamandre, symbole du pouvoir sur le feu, devient alors l’emblème de la royauté.

La salamandre, emblème de François 1er

( photo : Christophe Finot )

Homme lettré, parlant l’italien  et débordant d’initiatives, il donnera l’impulsion de la renaissance en France, là ou ses prédécesseurs  Charles VIII et  Louis XII n’ont pas su saisir ce mouvement venu entre autre de Florence.

D’ailleurs, à sa demande, de nombreux artistes italiens viennent diffuser leurs pensées et leurs œuvres, notamment le plus célèbre d’entre eux, Léonard de Vinci. Cette collaboration entre les 2 hommes va rapidement se transformer en amitié profonde. La demeure royale est toujours à Amboise, et François 1er installe alors son ami à proximité, au Clos Lucé. De Vinci s’occupe alors des festivités royales et restera en France 3 ans avant de disparaître en 1519 dans le bras de sa majesté.

La collection d’œuvres d’art des rois de France exposée aujourd’hui  au Louvre lui doit beaucoup, car François fait importer des œuvres de Michel-Ange, Titien et Raphael.

Le roi est également pour beaucoup dans l’essor et la mise en valeur de l’éducation et des lettres dans le royaume. A l’heure ou l’imprimerie se révèle au monde, il créé le collège royal, futur collège de France, grand foyer humaniste. Et fonde ensuite l’imprimerie royale. Cette initiative permet de multiplier les parutions de livres et des bibliothèques privées voient alors le jour en nombre. Mais au-delà de subventionner les arts et lettres, François 1er compose aussi plusieurs poèmes et protège divers auteurs comme clément Marot.

La renaissance, c’est aussi une nouvelle forme d’architecture, et le  roi va mettre en chantier  ou rénover nombre d’édifices, comme Amboise et Blois avec son fameux escalier. Mais il restera à la postérité avec la construction du château de Chambord et ses 365 cheminées, dont on dit que certains plans sont l’œuvre de De Vinci. Au total, se sont ainsi 7 châteaux qui doivent leur changement ou leur naissance à François.

 

Des guerres avant l’apaisement:

 François 1er est opposé à un rival de poids en la personne de Charles Quint représentant les Habsbourg, qui dirige le saint empire et le royaume d’Espagne. Charles Quint lorgne sur le duché de Bourgogne ce qui n’est bien sûr pas du goût de François 1er qui lui se verrait bien gouverner  la province Milanaise.

Ainsi, profitant de son sacrement en 1515, François fait mobiliser à Grenoble une armée de 30 000 hommes. Les troupes commencent alors leur marche vers l’Italie et doivent d’abord faire face à l’armée suisse. Mais certains, impressionnés par les moyens français, changent leur hallebarde d’épaule et se mettent au service du royaume de France.

Toujours est-il que près du village de Melegnano, les français se battent contre l’armée  suisse , mais ces derniers font retraite face à la puissance des canons adverses. C’est la fameuse victoire de Marignan qui vaut un grand prestige au roi après seulement quelques mois de règne. Ce succès lui permet aussi de prendre le contrôle de la Lombardie, de faire la paix en 1516 à Fribourg  avec les cantons suisses, de signer un accord avec la papauté qui confère au roi un surplus d’autorité par  la désignation des évêques, archevêques et cardinaux. La même année, Charles reconnaît la possession française du milanais par le traité de Noyon.

 

François 1er à Marignan

Mais, les 2 hommes, même s’ils n’en font rien paraître en public se détestent  et François tente en 1920 de rallier à sa cause Henri VIII, roi d’Angleterre. Malheureusement l’entreprise échoue et Henri signe finalement l’accord secret de Bruges avec Charles Quint.

Pour conquérir la Bourgogne, les armées de l’empereur s’avancent en 1521 par le Nord et au Sud. Les forces françaises tiennent bon au Nord à Mézières, mais au Sud, la France perd milan  en 1522. En 1524, Claude de France décède. Pour effacer sa peine,  François 1er mène lui-même  la contre-offensive et fait marcher son armée vers le Sud, par delà les Alpes, jusqu’à Pavie. La bataille tourne à l’avantage de l’empereur et François est fait prisonnier puis conduit à Madrid en 1525 pour être libéré un an plus tard. Il doit payer la somme de 2 000 000 d’écus or et laisse ses 2 fils en otages.  Puis, grâce à la tante de Charles et à la mère de François, les évènements s’apaisent et le traité à Cambrai  est signé en 1529. Le roi de France épouse l’année suivante  la sœur de Charles, Eléonore d'Habsbourg, et conserve également la Bourgogne. Eléonore succède à Claude, fille d’Anne de Bretagne et première épouse du roi. Les 2 souverains semblent chercher une certaine coopération, qui se traduit en 1537, lorsqu’un droit de passage sur le royaume est accordé à l’empereur Charles pour résorber une révolte à Gand. Ce dernier est reçu à Paris avec faste et chacune des 2 cours joue de grandeur et de séduction. François 1er propose d’ailleurs sa fille Louise en mariage à Charles mais celle-ci meurt prématurément.

 

François 1er reçoit Charles Quint à Paris

 

Le roi aime le faste et accorde de copieuses subventions pour la recherche et les arts. Cela met à mal les finances du royaume et l’administration de ses 18 millions d’habitants. François à installé la cour au Louvre, qui devient alors le cœur du pouvoir, ou le protocole peut être parfois laxiste. Mais bien que conseillé par plusieurs ministres avisés, le souverain à toujours le dernier mot et entend bien tout contrôler. Son amour des châteaux et l’effort de guerre vident les caisses du royaume, le souverain n’a alors pas d’autre choix que d’augmenter les taxes. Il vend également des biens de la couronne et privatise des territoires royaux. Il permet également aux nobles, moyennant finances, d’accéder à de hautes fonctions administratives. Enfin le roi se permet d’évincer définitivement certains de ses gros créanciers, comme le baron de Semblançay, accusé à tort d’avoir détourné des fonds de l’État, et qui sera exécuté à Montfaucon après un pseudo procès.

De  plus, bien que considéré comme humaniste, François 1er n’hésite pas à réprimer dans le sang les divergents religieux. Les protestants sont bien sûr visés et plusieurs massacres s’exercent pendant la fin de son règne. Cela préfigure les guerres de religion qui vont secouer le royaume plus tard.

A la fin de son règne lorsque l’on fait les comptes, les conquêtes françaises sont quasiment inexistantes en Europe, mis à part la province Milanaise.

La France possède une puissante flotte maritime mais concentre ses explorations au bassin méditerranéen. François 1er change la donne et affrète des navires qui partent naviguer sur les flots de l’Atlantique, et accostent bientôt à Terre-Neuve, découvrent les côtes de Floride et de la futur New-York, et enfin les Antilles. En 1535, c’est son envoyé Jacques Cartier qui remonte le fleuve St-Laurent et pose le pied au Québec. Les années suivantes voient la mise en place de colonies en Amérique du Nord, ce qui constitue une épine dans le pied de la suprématie coloniale des espagnols.

 

Jacques Cartier

 

 

François 1er s’éteint au château de Rambouillet en 1547, et est inhumé à la basilique St Denis aux côtés de sa femme Claude. Son second fils, Henry II, monte alors sur le trône de France.

Il restera l’image d’un roi autoritaire et fastueux, homme à femmes, mais aussi d’un amoureux de la culture,  généreux mécène, protecteur des artistes et écrivains. . A sa mort, les finances du royaume sont à l’agonie, plombées par les  guerres  et les copieuses subventions accordées aux artistes et aux architectes. Sa gestion parfois impulsive et son égoïsme l’ont desservi, mais son charisme et son courage sont restés dans les esprits.

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