Charles IX

Charles IX n’était pas destiné à régner, mais le décès prématuré de son frère François II en 1560, lui ouvre l’accès au trône.

Charles est le 3e fils d’Henri II et Catherine de Médicis,  et est appelé à remplacer son frère alors qu’il n’est âgé que de 10 ans. En attendant qu’il soit capable de tenir les rennes du royaume de France, c’est sa mère qui prend en charge la régence. Et les difficultés auxquelles elle a à faire face son nombreuses car la disparition de François II et le départ des Guise du pouvoir n’ont pas fait baisser les tensions entre catholiques et protestants.

Sa première décision est de nommé Antoine de Bourbon lieutenant général du royaume, puis Charles IX est sacré à Reims en 1561. La régente organise cette même année  une réunion de conciliation entre catholiques et protestants à Poissy, mais aucun terrain  d’entente n’est trouvé. Toutefois en 1562, Catherine fait preuve d’ouverture et  l’édit de St Germain en Laye permet aux protestants de pratiquer leur culte dans les campagnes et faubourgs  urbains. Malheureusement les catholiques poursuivent leurs massacres, et leurs adversaires, excédés, se soulèvent avec à leur tête le prince de Condé. Des conflits armés éclatent dans plusieurs villes comme Dreux ou Orléans.

Las, une paix est établie le 19 mars 1563 par le traité d’Amboise, année ou Charles IX est déclaré majeur mais sa mère continue à exercé le pouvoir. Mais ce traité comporte de nombreuses incohérences  car il interdit le culte réformé alors que les protestants sont majoritaires dans plusieurs villes ou provinces.

Pour apaiser les esprits et permettre à son fils de s’aguerrir, Catherine de Médicis organise un grand tour du royaume. La cour est accueillie avec respect et politesse, même dans les communes protestantes. Seules quelques réceptions mouvementées se déroulent à La Rochelle et Orléans.

Mais en 1566, les conflits reprennent, les protestants assiègent les églises, et en représailles, les catholiques recommencent les tueries, comme à Foix ou 700 calvinistes sont exécutés. La guerre entre les 2 parties reprend, et après quelques succès, le prince de Condé enchaîne les désillusions. Finalement, il signe la paix avec la reine-mère à St Germain en Laye en 1570.

Par la suite, Charles IX fait un rapprochement avec l’Angleterre et l’empire germanique, puisqu’il épouse en 1570 Elisabeth d’Autriche, fille de Maximilien II et de l’infante d’Espagne. Cependant, malgré cette union et sa capacité à gouverner, la France est toujours dirigée par Catherine.

Cette dernière persévère dans son espoir de fraternité entre les cultes en organisant l’union de la sœur du roi, Marguerite, au roi protestant Henri  de Navarre ( futur Henri IV ). Mais cet espoir tourne court lorsqu’après le mariage, Gaspard de Coligny, autre leader des protestants, est la cible d’un attentat.

Charles IX, sur conseil de sa mère, décide d’anticiper l’éventuelle vengeance des sympathisants de Coligny et fait abattre les chefs réformés, à l’exception d’Henri de Navarre et du prince de Condé.

Le 24 août 1572, cette injonction déclenche le massacre de la St- Barthélémy, ou des milliers de protestants dans plusieurs villes de France furent assassinés, à la grande surprise du roi et de sa

mère. De ce fait, les réformés ne prêtent plus aucune valeur aux propositions de paix de Charles. Des escarmouches éclatent à nouveau et le roi s’efforce  à éliminer définitivement le protestantisme.

Catherine déjouera même un complot visant à installer sur le trône le frère de Charles IX, François d’Alençon.

Toutes ces péripéties ont affaibli le roi, de constitution fragile comme l’était son prédécesseur François II. Sa santé décline et il meurt finalement d’une pleurésie, conséquence d’une pneumonie, en 1574. Il est alors remplacé par Henri III.

Il en ressort que le règne de Charles IX fut mouvementé, 14 ans agités  par les guerres  de religion qui déchirent  le pays. Couronné jeune dans ce climat irrespirable, et malgré les efforts de sa mère, il ne pu jamais résoudre ces dissensions internes. Et sa gouvernance est à jamais entachée par le massacre de la St-Barthélémy.